PORTRAIT D’UN PARLEMENTAIRE Jacques Stevenson Thimoléon, fidèle comme lui seul
By On 31 Aug, 2018 At 12:18 AM | Categorized As Featured, Petit-goave Culture, Petit-Goave News | With 0 Comments

PicsArt_04-19-11.16.22

Issu d’une famille de trois enfants, dont il est le cadet, Jacques Stevenson Thimoléon, divorcé, est né à Petit-Goâve en 1970. Il a fréquenté le lycée Faustin Soulouque jusqu’en classe de troisième secondaire avant de rentrer à Port-au-Prince pour achever ses études classiques au collège Gérard Gourgues. Jacques Stevenson Thimoléon a réussi son baccalauréat à cette institution scolaire en 1989 alors que le pays était en pleine transition démocratique. C’est dans cette institution scolaire qu’il avait rencontré Yves Cristallin avec qui il est resté soudé jusqu’aujourd’hui. A quatorze ans, le père de Stevenson avait déjà vu en son fils un futur député du peuple. « Entre 14 et 15 ans, mon père m’a dit: « Soso » (mon sobriquet), tu n’aimerais pas être député ?», se rappelle-t-il, souriant, trente ans plus tard. Une telle question ne pouvait que surprendre un adolescent qui a grandi loin de la politique. « Je n’ai pas répondu ni oui, ni non », se rappelle Stevenson Jacques Thimoléon, soulignant qu’il avait néanmoins bien accueilli le souhait. Depuis, l’idée de faire de la politique active tournait dans la tête du jeune Petit-Goâvien. En attendant d’avoir la possibilité de se lancer dans la politique, Thimoléon, père de trois enfants – deux garçons (12 ans et 9 ans) et une fille (3 mois) – s’est fait élire président du comité de la classe de rhéto. « C’est là que j’ai commencé mon expérience de leader », déclare celui qui se rappelle avoir été un élève brillant. La belle performance académique du jeune Petit-Goâvien est due, d’après lui, à l’encadrement familial. « Le respect des principes était de rigueur avec mes parents qui m’interdisaient même de sortir ou de quitter la maison sans leur consentement », souligne Thimoléon avec force détails. Arrivé à Port-au-Prince, le jeune Thimoléon continue de mettre en pratique les conseils et les instructions de ses parents. Cela l’a certainement aidé à affronter la privation et les conditions de vie précaires dans la capitale haïtienne. « J’ai été hébergé chez la marraine de mon frère aîné à Fontamara dans une grande maison, explique-t-il. Pourtant, nous étions confinés dans une dépendance à côté du gérant de la cour. » Ce qui leur donnait envie de rentrer chez eux pour recommencer leur vie de prince. Les choses étaient tellement difficiles que Thimoléon se rappelle avoir proposé à son père de retourner au bercail. Ce que ce dernier a refusé catégoriquement. « Mon père m’a dit : Je t’envoie à l’école, mais ta maison se trouve à Petit-Goâve », rapporte celui qui dit n’avoir pas connu la misère durant son enfance. De la FDSE à Pittsburgh University Les parents de Thimoléon voulaient qu’il devienne médecin. Ce n’était pas le choix du jeune Petit-Goâvien qui optait lui-même pour le droit. « En 1991, je suis rentré à la Faculté de droit et des sciences économiques de Port-au-Prince, raconte-t-il fièrement. Mon père avait respecté mon choix. » Thimoléon se rappelle y avoir rencontré Jocelyne Pierre, Bernard St-Vil, Jean-Robert Faveur… Après le droit, Jacques Stevenson Thimoléon dit avoir entrepris des études en relations internationales à CEDI. Parallèlement, il a travaillé à l’APN à la direction d’exploitation et à la salle des nouvelles de la Radio nationale. Puis, il a intégré la magistrature. Il y a prêté ses services comme juge de paix suppléant et juge de paix principal à Cabaret et à Delmas. En 2004, lorsque Grenn Sonnen régnait en maître et seigneur à Delmas, la police avait toutes les peines du monde à exécuter les décisions touchant un membre de ce gang. Se sentant dans l’insécurité en tant que juge de paix principal de Delmas, Thimoléon a choisi de se réfugier aux Etats-Unis en attendant que la situation se calme. « J’en avais profité pour réaliser une maîtrise à Pittsburgh University school of law où j’ai rencontré Me Ephésien Joassain », indique le député devenu austère depuis son élection. Son passe-temps, dit-il, se résume en beaucoup de lecture, un peu de TV pour faire du sport et des déplacements en province. Plus de temps pour les bals. En route pour le Parlement Fin 2004, l’ancien juge de paix de Delmas retourne au bercail. Il a choisi, cette fois-ci, de militer comme avocat. « J’étais avocat au procès de la Syrie, indique Thimoléon. Puis, je défendais Sò Anne, René Civil…que je considérais comme des prisonniers politiques. A cette époque je me consacrais tout simplement au droit, pas à la politique. » La décision de faire de la politique, explique le président de la Chambre basse, a été adoptée à la veille des élections de 2010. « Un jour de 2010, un ami de Petit-Goâve me visitait à mon cabinet, explique Jacques Stevenson Thimoléon. Avant de partir, il m’a dit : ‘’Me, on a besoin d’un candidat à la députation pour Petit-Goâve. On a fait choix de toi. ‘’ » « Je disais non catégoriquement », ajoute le député élu sous la bannière du Parti Lavni de son ami Yves Cristallin. 22 jours plus tard, le sujet est revenu sur le tapis. « De retour à mon cabinet, mon ami a fini par me convaincre », précise le parlementaire, se gardant de révéler l’identité de son bon ami. Quand Thimoléon a parlé à sa maman de sa décision de se lancer dans la course électorale, la nouvelle ne lui avait pas plu. « Talè wa vi n fè yo boule kay mwen, disait-elle », se souvient Thimoléon, qui a décidé de s’y lancer à son insu. « Se trouvant devant le fait accompli, mon entourage a dû accepter », enchaîne le parlementaire, qui dit que sa mère prie tous les jours pour que son mandat arrive à son terme. Jacques Stevenson Thimoléon, qui conserve le même numéro de téléphone qu’il a utilisé pendant la campagne électorale, précise aujourd’hui que son élection n’était pas une surprise. Il se défend contre ceux qui l’accusaient d’avoir acheté les électeurs à coups de 1000 gourdes. « Olye pou m ta al fè koken nan eleksyon, m tap prefere reprann tòj mwen », soutient le parlementaire, qui vient d’une famille catholique où il a reçu tous les sacrements, sauf l’extrême-onction. Thimoléon se prononce en faveur de la prorogation de son mandat de député jusqu’au mois de mai si les élections ne se tiennent pas avant la fin de cette année. En attendant qu’une décision soit prise, le parlementaire se dit satisfait des quatre ans passés au Parlement. « Ma satisfaction réside dans les réalisations dans certaines sections de la commune ainsi que dans la chance de défendre les revendications des habitants de la région des Palmes qui souhaitent qu’elle soit élevée au rang de département », explique Thimoléon, qui pense déjà à sa réélection. Avant d’y arriver, il doit utiliser son leadership calme pour ramener la paix à Petit-Goâve.

 

Jean Pharès Jérôme pjerome@lenouvelliste.com / Yvince Hilaire Auteur

About -

Leave a comment

XHTML: You can use these tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>