Le président Jovenel Moïse a mis la main sur les épaules de Me Jean Henry Céant, son ancien adversaire politique, et lui a montré les défis à relever. Pendant son discours de plus de 45 minutes, le chef de l’État a fixé les objectifs, montré de l’empressement à travailler avec le Premier ministre nommé sans appeler clairement le Parlement à voter sa déclaration de politique générale.
By romain On 8 Aug, 2018 At 09:16 AM | Categorized As Featured, Haiti Political News, Petit-Goave News | With 0 Comments

 

 

Le président Jovenel Moïse a remis l’ampliation de Premier ministre nommé au notaire Jean Henry Céant lors d’une cérémonie organisée au palais national en présence, entre autres, de présidents des deux chambres du Parlement, de la Cour de cassation et du CSJP et de diplomates accrédités en Haïti, mardi 7 août 2018. « Il est aujourd’hui venu le temps d’opérer de profonds changements gouvernementaux afin de soulager la misère de la population, poursuivre les politiques publiques en cours en matière d’infrastructures routières, agricoles et électriques, maintenir le dialogue avec tous les secteurs de la nation, garantir la paix sociale et la stabilité politique », a cadré Jovenel Moïse, prompt à souligner que Me Jean Henry Céant, non issu de la même famille politique que lui, a été son compétiteur et membre du G -8, un rassemblement de candidats à la présidence dont les virulentes dénonciations de fraudes massives et d’irrégularités ont fait dérailler la présidentielle de fin 2015.

Pour Jovenel Moïse, le choix de Me Jean Henry Céant illustre sa volonté et la nécessité d’unité entre tous les Haïtiens pour construire le pays. « Il faut une gouvernance inclusive », a-t-il poursuivi, avant d’entrer dans le menu détail de ses attentes du Premier ministre nommé: qu’il préside comme « un humaniste » ayant un « esprit de dialogue ». Le président Jovenel Moïse a aussi insisté auprès du Premier ministre nommé sur l’urgence d’œuvrer en vue de recouvrer la confiance du peuple haïtien, tenaillé par la misère, à travers une lutte contre le gaspillage et l’utilisation du moindre centime du Trésor public au bénéfice de la population. Sans se couvrir du voile de la honte pour promesses non tenues après plus de 17 mois au pouvoir, le chef de l’État, a appelé le Premier ministre nommé à appliquer l’arrêté présidentiel sur la réduction du train de vie de l’État. Sur les soixante-quatre articles que compte cet arrêté, quatre ont été appliqués, a indiqué Jovenel Moïse. Pour le chef de l’État, parce que la stabilité politique est le premier des biens publics garantis par l’alternance, la plus grande responsabilité du Premier ministre nommé, si sa politique générale est ratifiée par le Parlement, est d’organiser des élections en octobre 2019.

À côté de cette mission politique, et en attendant que les grands investissements dans les grandes infrastructures pour supporter la croissance donnent des résultats, le président Jovenel Moïse a confié au Premier ministre nommé la tâche de « soulager la misère du peuple ». Il a appelé Jean Henry Céant à se rendre vers les leaders communautaires dans les quartiers populeux où la misère fait rage, où la violence s’est installée. Ceux qui font parler la poudre dans ces quartiers-là « sont nos diables », la création d’un système, a estimé le chef de l’État, qui croit nécessaire d’agir afin que ces derniers deviennent des citoyens, soient affranchis de la marginalisation. Pour les professeurs, les policiers, Jovenel Moïse a une nouvelle fois sorti la litanie de promesses d’avantages, dont des logements sociaux.

Sur le registre des promesses, il a également appelé le Premier ministre nommé à lutter contre la contrebande, l’évasion fiscale. Il faut que la justice sévisse contre les contrebandiers, sans considération de leurs rangs, classes sociales et origines ethniques, a appelé Jovenel Moïse. Le chef de l’État, au cours de cette prise de parole, a évoqué le dossier du salaire minimum, un « casse-tête ». Il faut un salaire minimum « socialement acceptable » et « économiquement soutenable ». En clair, il faut de meilleures conditions de vie pour les ouvriers et la préservation de conditions pour que les patrons puissent investir, a expliqué Jovenel Moïse qui, dans la foulée, a plaidé en faveur d’un pacte social entre patrons, ouvriers et syndicats. « Nous avons besoin de la paix dans les entreprises et dans tout le pays », a affirmé Jovenel Moïse, soulignant que le « temps de l’unité nationale et de la paix est venu pour que le pays avance ». « J’ai été élu sur la base d’un programme politique certes ambitieux, mais absolument nécessaire pour redresser le pays et le mettre définitivement sur la voie du progrès et de la prospérité », a indiqué Jovenel Moïse, attaché à la caravane du changement qui est une « stratégie ».

Le chef de l’État, qui a dénoncé la division et le mensonge, a indiqué qu’il faut que le pays reste attaché aux institutions démocratiques. Pendant plus de 45 minutes, Jovenel Moïse a aussi abordé d’autres dossiers tels que la rentrée des classes en septembre prochain, l’assurance santé pour la population. Le chef de l’État, en présence des présidents des deux chambres du Parlement et de représentants de blocs politiques, n’a pas appelé sans équivoque le Parlement à ratifier la politique générale du Premier ministre nommé, Me Jean Henry Céant, il a cependant explicité les grands défis qui attendent l’ex-leader de Renmen Ayiti si sa politique générale est ratifiée.

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